1964 Saturne
c'est un petit lutin
farceur
puis il fait du patinage sur les anneaux de saturne
puis il s'enonce dans le ventre de la planete
puis il passe un torrent sur une poutre
puis il trouve d'immenses portes d'airains
un coup de tonnerre
des trombes d'eau
les portes s'ouvrent
l'orientation bascule
la salle des machines
la cour d'ecole
les enfants
ce sont des automates
la salle des machines
la charge du gardien
oublie
1961 Orphée
la petite route dans la nuit
la maison
je suis invisible
non, je suis la maison
les paysans s'installent
les générations se succèdent
le navire revient siècles après siècles
les âmes défuntes s'évaporent
des pigeoniers et sont emportés
par le vaisseau sur les rayons de lune
pourquoi ce jour là
ai je quitté mon abri ?
le messager m'aperçut
il s'abattit sur moi comme une nuée de cendres
Il me guida dans un univers atypique
partout la guerre intemporelle
et la terre comme une bulle de paix
un hôpital de campagne
à l'arrière du front
puis le tribunal
avais je vraiment le choix ?
de revivre encore celà ...
1958 Les tombes de la vallée
Les pommiers, les cerisiers, les rossigols
Les fleurs suaves
Les volets repeinds
Le banc devant la ferme labourdine
le jeune couple sous la treille
l'enfant au sein
je passe la barrière
Le sous bois
Les balles de foin sur les fourches vigoureuses
Le banc
un couple épanoui
contemple les premières étoiles du soir
La barrière grince
Le sous bois
Les cuves fermentent
Sur le banc vermoulu
les viellards engrangent
les dernières chaleurs du soleil mourant
La barrière écroulée
sous les ronces
Le sous bois
La lumière d'une vallée
s'étageant doucement jusqu'à l'écume de l'océan
Sur l'herbe rase des tâches blanches encore et toujours
Au centre un calvaire
une porte
un escalier
un labyrinthe
une crypte
une pierre
un vent
une osmose
une élévation
une promesse
1956 Le cirque des mantetayres
Il est des vallées fermées
Lorques les brumes se lèvent
D'autres sommets plus lointain
et plus élevés se révèlent
J'ai creusé au plus profond
Je me suis agripé
aux parois les plus vertigineuses
J'ai marché sur les glaciers
Dans la lumière d'or
du soleil levant
J'ai discerné l'ombre menaçante
des sommets qui se rejoignaient
jusqu'à l'apex
de ma cellule
1954 Les terrils du Boucau
Il est revenu, il est ici, il est là
Il faut partir
Au milieu de nulle part
des terres stériles des scories dammées
se tenait la tente au pied du vaisseau.
Une longue cohorte de gueux
patientait pour obtenir leur sauf conduit.
Je rentre. un trou... de la chaux...
Un loup hurle à la mort dans le désert
1953 La porte du soleil du pic du midi
Je suis venu à pied par les montagnes
Le cirque était immense.
Les lumières se croisaient
de multiples vaisseaux émergeant d'autres espaces
et d'autres temps passés et à venir.
La porte était là
et la pierre
et le sang
tous retenaient leur souffle
1952 La lune de venise
Rien à voir avec la ville
Une marée d'équinoxe
sur la plage des basques
La mer se retire sur son néant
à perte de vue
aux loins les atlantes
la mer revient comme une muraille d'eau
jusqu'aux plus profond des vallées
La vallée d'osso
les eaux bonnes
les thermes
lieu secret et profond
Sur l'armoire un gong
au sommet d'une pyramide précolombienne
le sang
1951 Le portrait d'arcangues
J'ai cru te retrouver
dans ce portrait innatendu.
tu m'a longement parler
Nous sommes allés à Aguilera
Une reconstitution historique
devant le fronton.
Les vieux bonbons et ton châle parme
aux odeurs suranées
Les manchettes et jabots
et le velour d'un vert profond.
Nous avons passés des jours et des nuits
dans les livres poussièreux
Ce qui devait êre fait a été fait
1950 Les platanes de sévignée
Je t'ai croisé dans l'année des platanes
C'était l'automne
Je t'ai reconnu
Je sais que tu demeures
deux siècles ne nous séparerons pas
1949 La lune 18ème du tarot
Le crabe est rentré dans mes entrailles
Ils ont essayé de le tuer
Il s'est caché au plus profond
Il sait et je peux
Je me souviens de son monde défunt
Nous partageons nos souvenir.
Mais que venait il faire dans cette galaxie ...
1948 La nurserie un deux trois soleil
J'ai quitté Gurdjieff
par inadvertance.
Nous nous sommes retrouvés
dans des limbes improbables
Nos fronts ont cessé de se reconnaître
Souviens toi ...
mnemeion

